| concours

31.05.2007

 

à Yasmina Khadra

 

 

La poésie appartient à ceux qui l’aiment et les roses ravissent autant celui ou celle qui les offre que celui ou celle qui les reçoit.

 

Voilà « le temps de la rose offerte ».  Quelques mots volés à Barbara et qui ont fait naître ce travail qu’aujourd’hui je vous donne : une quête.

 

Cette quête de l’âme, Barbara la partageait, elle la vivait, elle en vivait.

 

Je lui tiens l’âme, elle qui ne nous quitte pas, je l’accompagne plus loin, vous fais mes compagnons de route « de l’autre côté du chemin » à la rencontre de la plus belle chose pour le monde ainsi que pour chacun et chacune d’entre nous : le pardon.

 

Barbara l’avait compris.

 

 

François-Noël DEMAN

 

 

 

 

 

 

 

la rose offerte  photo 1 001c

 

 

 

Hiver

d’épines nues,

silencieuses racines

dans une terre qui dort.

 

Prières fanées,

laissées à la saison du nu.

 

Hiver

d’attente revenue,

le silence des branches

consenti

pour le temps du repos.

 

Prières

enfouies,

éblouies de ténèbres.

 

Hiver

de neige espérée

à réchauffer le repos,

 

nostalgie de l’immaculé

d’avant de manger le fruit,

d’avant les jeux de Caïn et d’Abel

trop petits encore pour imaginer la mort.

 

Dehors, l’hiver vit,

dehors, le ciel vit,

dehors, l’hiver frémit

sans déranger le Silence,

sans inverser la cadence

des saisons.

 

L’hiver a froid pour quelques temps encore.

 

 

 

 

la rose offerte  photo 2c

 

 

Alors que déjà

les épines frétillent,

habillées

de quelques gouttes de pluie,

le jardinier guette le nœud,

le jardinier guette le lieu

de la taille.

 

Comme le jardinier de Marie-Madeleine,

Il la taille dans sa joie

de Le reconnaître :

« Ne me touche pas ! »

 

Homme, chausse tes gants,

prends-moi,

donne à ma vie de pouvoir se donner.

 

Taille et sarcle ma terre

et surtout n’oublie pas

que tu prépares le porteur de Dieu.

 

 

 

 

 

 

la rose offerte  photo 3b
 

Au solstice du salut,

nuit de lumière,

l’Eternité

se déchire.

 

L’Enfant de Dieu est là,

Il vient par don

du Père

à la Vierge épousée.

 

Et ce givre,

cette rosée d’étoiles gelées,

ces larmes de Dieu

viennent caresser  les épines.

 

Le rosier est nu,

le rosier est pauvre

tout autant que le Roi venu.

 

 

 

 

 

 

la rose offerte  photo 4b

 

La terre se repose

et boit,

la pluie pétrit

la pâte du sol,

le rosier nu

se lave.

 

La pluie se tait,

donne la parole au Silence.

 

Silence de la terre,

Silence de la glaise,

il faut le souffle de Dieu

pour faire naître la rose :

 

le temps de la terre offerte.

 

 

 

 

 

la rose offerte  photo 5b

 

 

S’enfouir encore plus profond

dans la terre,

se nourrir de l’humus

de la vie.

 

L’hiver

a fait son deuil

de la neige,

 

Il avait  finalement

trop chaud.

 

M’enfouir encore plus profond

dans la terre,

mourir pour éclore,

boire

et me laisser attirer

par la Lumière

entrevue.

 

 

 

 

 

 

la rose offerte  photo 6b
 

Mourir

dans les entrailles de l’âme,

nu,

déshabillé

par mes blessures de péché.

 

Consentir à fermer les yeux,

à ne plus rien y voir,

consentir à me perdre,

 

à n’avoir plus

qu’à offrir

mes épines.

 

la rose offerte  photo 7b

 

Après la pluie,

la rose s’ébroue,

elle a froid,

elle remonte son col.

 

Les gouttes descendent

jusqu’au bassin de vie,

jusqu’à la bouche qui boit

les éclaboussures du ciel.

 

Demain,

elle se fera velours.

 

 

la rose offerte  photo 8c

 

Désir de rose,

désir de velours,

désir d’épines.

 

Désir de rosée,

désir de terre

jusqu’aux racines.

 

Désir de rose,

fruit de rosée,

de terre d’Amour arrosée.

 

Désir de Toi,

de Ton velours

de douce miséricorde.

 

Et Tes larmes lavent les roses.

 

Au petit matin,

elles s’ouvrent

comme s’ouvre mon âme…

 

et j’attends que Tu me cueilles.

 

 

 

la rose offerte  photo 9d

 

Me recroqueviller

au creux de ton velours,

 

Attendre le crépuscule,

laisser couvrir ma peau nue

par ta douceur.

 

Fermer les yeux,

m’endormir

dans la chaleur,

mes rêves parfumés de toi.

 

Un rayon de soleil

me caresse les cils.

Je m’éveille,

je me lave aux larmes de Dieu.

 

Je te laisse, ma belle,

ce soir, je reviendrai

me jouir à ton rêve.

 

 

 

la rose offerte  photo 10C

 

Rouge,

sang,

sang rouge,

la rose n’est pas rose.

 

Sang

rouge

Qui fait battre mon corps.

 

Sang

rouge,

tu nous laisses boire

à Ton corps,

là,

à Ton flanc,

quelques gouttes de rose.

 

 

la rose offerte  photo 11C

 

Hier soir,

un ange cueillait une rose

dans le jardin endormi.

 

Je me suis approché de lui

et lui ai demandé :

« Ne pousse-t-il pas de roses

là où tu vis ? »

 

Il me répond :

« Mais c’est ici que je vis ! »

 

 

 

la rose offerte  photo 12C

 

Vie en rose,

vie de rose,

vie pas rose :

la vie dans tous ses états

de rose.

 

Vie nue d’hiver,

vie d’espérance accrochée au printemps,

vie abandonnée à l’été,

à l’automne retrouvée

sur le tard,

tachée de noir :

 

La vie veuve,

la vie déshabillée

de ses pétales communiés à la terre.

 

 

 

 

 

 

la rose offerte  photo 13C
 

Quelques feuilles sont restées,

la rose est morte.

 

Restent les tiges

et les épines inutiles

données à l’hiver.

 

Je regarde les épines,

je les aime,

elles aussi font la rose.

 

Elles me rappellent

que la vie est belle

mais que parfois

je m’y pique.

 

Et je saigne

comme mon âme saigne

à Lui manquer d’amour :

 

les épines alors se tressent en couronne.

 

Je te fais mal,

je me fais mal

 

mais c’est Toi qui me guériras.

 

la rose offerte  photo 14C

 

Seule,

sentinelle givrée

à attendre

le temps renouvelé.

 

Seule,

habillée de rosée d’hiver.

 

Seule,

de sang

d’Amour coagulé.

 

Seule,

témoin d’un passé

de joies

et de morts.

 

Seule,

pour dire encore

qu’il n’y a pas de saison

pour les roses,

il n’y a pas de saison

pour l’Amour.

 

 

la rose offerte  photo 15BC

 

On ne vole pas une rose,

on la cueille !

 

 

 

la rose offerte  photo 16N
 

Quelqu’un soigne-t-il

les rosiers

du paradis ?

 

Si la place est vacante,

je pose ma candidature.

 

 

la rose offerte  photo 17b

 

Il pleut

des roses

sur les berges de l’Escaut,

tranquille comme la vie.

 

Il pleut

des roses

de pays gris.

 

Il pleut

à remplir des paumes

de pétales.

 

Des enfants

les jettent par poignées,

là où passe le Pain de Vie.

 

 

la rose offerte  photo 19B2
(d'après une photo de Ariane Ruet
avec son aimable autorisation)
Enfin la Lumière !
La rose peut s'ouvrir,
nue,
offerte,
à nos yeux
donnée.
Et savoir
qu'elle n'existe
que parce que Dieu la crée.

 

 
la rose offerte  photo 22BB

 

Silence

de velours,

douceur

sur la joue,

caresse d’un instant.

 

Silence de velours,

habillé de parfum

de rose cueillie,

 

rose du temps qui passe,

 

velours d’Eternité.

 

 

la rose offerte  photo 21c

Entends-tu ?

une mésange zinzinule.

 

Regarde !

c’est une meunière,

elle cherche l’ombre des roses.

C’est vrai

que le soleil est si lourd

et les roses

si nombreuses

qu’elles abritent les anges.

 

Les anges, mésanges…

 

J’entends mon ange

zinzinuler

à la gloire de Dieu.

 

la rose offerte  photo 24b
 

Je voudrais

mon âme

de velours de rose

et Te guérir

de Tes blessures d’épines.

 

Je voudrais

mon âme

en baume répandue.
Me faire douceur

pour épouser Ta douleur.

 

Je voudrais

mon âme

épousant Ton Corps donné

dans un cri de pardon.

 

Je voudrais

mon âme

comme Tu la désires,

comme une rose offerte,

cueillie pour vivre l’Eternité.

 

 

29.05.2007

 

        Avant la promenade

 

la rose offerte  CHAIR2b

 

La poésie appartient à ceux qui l’aiment et les roses ravissent autant celui ou celle qui les offre que celui ou celle qui les reçoit.

 

Voilà « le temps de la rose offerte ».  Quelques mots volés à Barbara et qui ont fait naître ce travail qu’aujourd’hui je vous donne : une quête.

 

Cette quête de l’âme, Barbara la partageait, elle la vivait, elle en vivait.

 

Je lui tiens l’âme, elle qui ne nous quitte pas, je l’accompagne plus loin, vous fais mes compagnons de route « de l’autre côté du chemin » à la rencontre de la plus belle chose pour le monde ainsi que pour chacun et chacune d’entre nous : le pardon.

 

Barbara l’avait compris.

 

 

François-Noël DEMAN

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